• Nicolas Coursault

Mouvement de résistance tyrolien

Le mouvement de résistance tyrolien est le nom sous lequel une collaboration de divers groupes de résistance tyroliens est apparue pendant la période nazie, après le 13 avril 1945.




Histoire


Avec Vienne en Ostmark, le Tyrol a été le centre de la résistance. Sa situation géographique avec des chaînes de montagnes allongées et une population rurale très catholique, qui était opposée à l'attitude antireligieuse des nazis, a contribué à former une forte sous-culture politique. Déjà depuis l'Anschluss, un nombre croissant de petits cercles d'opposants sont apparus au Tyrol. Cependant, l'isolement géographique des différentes vallées a également conduit à une fragmentation et a empêché l'unification pendant très longtemps.

À partir de 1943, il y a eu un peu plus de travail en réseau, surtout à l'instigation de Friedrich Würthle. Il y a donc eu davantage de réunions de divers éléments à Innsbruck ou dans les environs. Karl Gruber, opposant à l’Anschluss ayant échappé de peu à la Gestapo et réfugié à Berlin où il était actif dans le groupe de résistance Blumengarten, a participé à l'une de ces réunions. Pendant l'hiver 1944/45, il est transféré de Berlin à Innsbruck. C'est là qu'il a commencé à unifier les groupes locaux en un mouvement central. Le 13 avril 1945, les chefs des principaux groupes l'ont élu à la tête d'un poste de commandement au Tyrol et Würthle comme son adjoint. Dans cette fonction, il a pu coordonner avec succès le mouvement de résistance.

À la mi-avril 1945, Otto Molden, l'officier de liaison de l'OSS Joseph Franckenstein et l'opérateur radio Ludwig Totzenberger franchissent la frontière italienne et viennent à Innsbruck afin de s'assurer la coopération de la résistance locale dans la bataille prévue pour le Tyrol. Otto et Fritz Molden ont également établi un lien avec le groupe O5. L'organisation s'améliorait maintenant constamment et nouait des contacts radio réguliers avec les Américains qui approchaient. Il y avait des membres du groupe dans le bureau de poste et de télégraphe, parmi les militaires, et même la police était infiltrée. L'objectif du mouvement de résistance tyrolien était désormais de libérer le Tyrol et Innsbruck de la domination nazie avant l'arrivée des premières troupes américaines.

Après la reddition des armées du sud-est (opération Sunrise), qui est entré en vigueur le 2 mai, l'action militaire de libération des groupes de résistance coopérants a commencé le jour même. Les casernes, les commissariats de police et les stations de radio étaient envahis par eux. En outre, le chef de la police d'Innsbruck et le commandant de la Wehrmacht du Tyrol ont été capturés. Le 3 mai, le quartier général de la police d'Innsbruck a été investi dans la matinée, et à midi, le Gauleiter Franz Hofer - notamment grâce aux actions habiles de l'agent de l'OSS Fred Mayer - a quitté le Landhaus, occupé par le groupe de résistance sans combat vers 14 heures et sur lequel le drapeau rouge-blanc-rouge a été hissé. Ils diffusent alors le message suivant à la radio :

- Autrichiens ! Tyroliens ! Innsbruckers ! L'heure de votre libération est venue. Tout le front sud a capitulé. Les troupes alliées sont en face d'Innsbruck. Toute nouvelle résistance serait non seulement futile, mais constituerait un crime contre le peuple et l'État. Quiconque continue à porter des armes, qui favorise même de loin la résistance, sera puni comme un criminel. Sept années d'amère servitude et d'oppression sont définitivement terminées. Les Alliés viennent comme nos libérateurs et nos sauveurs. C'est à eux que nous devons nos remerciements en cette heure historique de la renaissance de notre Tyrol et d'une Autriche libre. Mais nous voulons aussi nous souvenir de ceux qui ont travaillé, souffert et sont morts pour la cause de l'Autriche et de notre plus proche patrie, malgré tous les dangers pendant toutes ces années de servitude. Hissez les drapeaux de toutes les maisons ! Pas des blancs, mais des rouge-blanc-rouge ou rouge-blanc, les couleurs de notre Autriche bien-aimée, de notre Tyrol. Vive la liberté ! Vive le Tyrol ! Vive l'Autriche !


Bien que la nouvelle de la reddition ait été un canular, elle a fait son effet : des centaines d'Innsbruckers ont afflué dans les rues pour soutenir le groupe de résistance et certains ont reçu des armes. Il y a eu des tirs sporadiques, mais la plupart des dernières unités SS se sont retirées. Lorsque les premières troupes américaines sont arrivées le soir du 3 mai 1945, elles ont trouvé Innsbruck libérée de la domination nazie, exemple unique dans tout le Reich, et qui a permis d’épargner la ville des destructions.

Karl Gruber est devenu plus tard le premier gouverneur provincial du Tyrol libre.

(source: traduction page wikipedia en allemand).



O5 :


O5 est l'acronyme du groupe de résistance autrichien le plus connu contre le national-socialisme, qui a commencé à apparaître en 1944. En tant que "super-organisation idéologique" de divers réseaux de résistance, sa "marque de fabrique" O5 se situe au-delà des lignes de parti et des idéologies pour la lutte commune pour une Autriche libre. Le panneau O5 de la cathédrale Saint-Étienne de Vienne le rappelle.


Notes de l’auteur :


Les peuples sous le joug des nazis ont pour la plupart balancé entre deux extrêmes : résistance et collaboration. Des Autrichiens et des Allemands se sont aussi élevés contre le totalitarisme et la folie guerrière de Hitler. La religion a joué un rôle, les catholiques étant plus prompts à aider les prisonniers et à s’opposer. De ce fait, le sort des Français, Belges, Italiens et autres Kriegsgefangener, était meilleur en Autriche qu’en Prusse. Solstice 40 s’attache à rendre hommage aux hommes, mais surtout aux femmes autrichiennes, qui furent les premières à se révolter.