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Tome 4 : Histoire d'une famille française, la Seconde Guerre mondiale

Lettres à Suzanne, 1938-1940

Ce tome 4 de la saga "Histoire d'une famille française" est consacré à Suzanne Lafeuillade, avant qu'elle ne rencontre son futur mari Michel Coursault. Les lettres de Suzanne sont celles d'une jeune femme qui va sur ses 18 ans lorsqu'elle apprend le déclenchement de la Seconde Guerre Mondiale. Elle se trouve alors à Singapour, partie pour un voyage linguistique, alors que sa famille est à Saïgon. Ses lettres et celles de ses proches sont un témoignage unique de cette époque.

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Genèse du projet

    Suzanne Lafeuillade est née le 21 novembre 1921, un peu par hasard à Lyon alors que son père Maurice est Capitaine au long cours. Sa mère Marie-Louise de Guérin a grandi entre Gap et Avignon où elle rencontre son futur mari. Les parents de Suzanne font tous deux la guerre, Maurice de façon héroïque notamment au sein des fusiliers marins et Milou (surnom de Marie-Louise) comme infirmière de guerre à la Croix-Rouge française.

    La famille Lafeuillade est voisine des de Guérin et Milou, qui a un an de plus que Maurice, a dans un premier temps plus de yeux pour les grands frères de celui-ci, de jeunes et beaux officiers, que ce garçon sans doute plus turbulent, qui s’engage comme matelot à 16 ans.

    Le cœur de Maurice bat très tôt au rythme de celui de cette jeune femme si singulière, au caractère affirmé, instruite, aimant la beauté des mots. Passion qu’il partage, les mois de navigation lui donnant le temps de lire et d’apprécier la poésie. L’esprit vif du matelot lui permet de devenir élève-officier dans la compagnie des Messageries maritimes en 1913.

    La guerre se déclenche alors que Maurice devait envisager de demander la main de sa belle Milou. Celle-ci est exigeante envers elle-même et envers les autres ; elle a une haute idée de la réussite sociale et du rang dont elle porte l’héritage à travers un nom chargé d’histoire.

    Maurice se révèle un soldat d’un grand courage et auréolé de multiples médailles, il parvient à épouser la rebelle jeune femme, quelques mois avant la fin de la Grande Guerre.

    Lui et ses trois frères Jean, Paul et René s’en sortent miraculeusement intacts, tous ayant fait honneur à leur famille.

 

    Trois ans après la naissance de Suzanne, vient au monde un petit frère : Jacques, dit Jacky, né à Marseille, ville plus conforme au poste de son père retourné aux Messageries maritimes. Les ambitions professionnelles de Maurice sont celles de Milou, qui ne veut pas d’une vie ordinaire. Il obtient en 1926 un poste comme pilote sur la rivière de Saïgon, mieux rémunéré et plus stable. Fini les longues absences et découverte d’un nouveau monde et d’une nouvelle vie.

La Guerre en Touraine 1939-1940

    Les Lafeuillade de Guérin (la fière Marie-Louise a tenu à accoler son nom à celui de son mari, chose très rare à cette époque) s’adaptent rapidement et s’intègrent à ce nouvel environnement. L’Indochine est la perle des colonies et le pays de tous les possibles (pour des Français de métropole). On y vit avec un temps d’avance, bénéficiant des avancées techniques et sociales venues de l’Amérique avant le reste de l’Empire colonial.

 

    Les parents de Suzanne et Jacky sont très modernes et en avance sur leur temps. On se tutoie, on se parle, Maurice joue avec ses enfants… Néanmoins, ils se méfient des écoles d’Indochine et souhaitent que Suzanne fasse une partie de sa scolarité en France. Ils l’envoient donc chez sa tante Marguerite Lafeuillade en 1932, à la Roche-sur-Yon, pour ne revenir qu’en 1936. Quatre années et six mois loin de ses parents et de son frère qui vont durablement la marquer, bien qu’elle ait été accueillie et élevée avec beaucoup d’amour. Marguerite la considère comme sa fille et Suzanne comme une seconde mère. Le souvenir de cette longue séparation explique sa question habituelle sur le perron de sa porte : « tu reviens bientôt ? Quand ? », ainsi que sa manie d’être toujours très à l’avance de l’horaire du train de peur de le rater.

 

    Les archives familiales des Lafeuillade de Guérin sont assez pauvres avant 1937. Nous savons que Marie-Louise a malheureusement « fait le tri » et jeté beaucoup de souvenirs, de lettres.

    Comme expliqué dans le premier tome (« Tour du monde de la Jeanne d’Arc 1937-1938 » de Michel Coursault), j’ai hérité des archives familiales qui regorgent d’une correspondance volumineuse entre 1937 et 1947, soit plus de mille lettres, des centaines de photos et documents divers. Le fait que notre famille ait vécue en Indochine, et que Maurice Lafeuillade et Michel Coursault étaient marins, a permis de donner à leurs lettres un caractère historique. Lorsqu’on écrit à un parent qui habite de l’autre côté de la terre, on lui décrit bien plus d’éléments que si l’on s’adresse à une personne qui vit dans le département voisin. On a donc des échanges très riches au fil de leurs affectations et de leurs voyages.

     Le lecteur découvrira en tournant ces pages la vie singapourienne et saïgonnaise de la pétillante Suzanne. Comment devient-on adulte, comment devient-on une femme lorsque l’on fête ses 18 ans fin 1939 ? Les sujets sont graves, mais la jeunesse reste légère, l’amitié et l’amour éternels.

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Au final, plusieurs années de travail m'ont permis de retranscrire plus de 1000 lettres, accompagnées de centaines de documents et photos, complétés d'une centaine d'"histoires croisées", représentant une œuvre monumentale en 9 tomes.

Articles paru dans la presse

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